Publicité pour l’alcool : face à l’introduction d’un nouveau message sanitaire, les Brasseurs Belges se tournent vers l’avenir et recentrent le débat sur l’abus d’alcool
L’arrêté royal, qui instaure un nouveau message sanitaire dans la publicité pour l’alcool et transpose en droit certaines dispositions issues de l’autorégulation, a été approuvé aujourd’hui. Les brasseurs belges ne sont pas d’accord avec le nouveau message sanitaire, par lequel le ministre de la Santé publique stigmatise la consommation d’alcool au lieu de s’attaquer aux situations d’abus.
Au début de l’année dernière, il a été décidé, dans le cadre de l’accord de gouvernement fédéral, de modifier le message sanitaire figurant dans la publicité pour l’alcool, en remplaçant ‘L’abus d’alcool nuit à la santé’ par ‘L’alcool nuit à la santé’. L’arrêté royal portant cette modification a été approuvé aujourd’hui par le Conseil des ministres. Il donne ainsi effet à la principale mesure relative à l’alcool prévue dans l’accord de gouvernement.
Dès la publication de l’accord de gouvernement, les brasseurs belges ont exprimé leurs préoccupations. Krishan Maudgal, directeur de l’asbl Brasseurs Belges, le rappelle : ” Avec ce nouveau texte, le ministre de la Santé publique déplace l’attention de la lutte contre les abus vers la problématisation et la stigmatisation de toute consommation d’alcool. Nous ne pensons pas qu’un message aussi peu nuancé contribue à une meilleure sensibilisation ni à une information correcte du consommateur. Une politique de santé publique crédible et efficace repose sur des faits, et non sur des messages simplistes ou manichéens. ” ”
Pour une politique claire, équilibrée et efficaceAandacht voor duidelijk, eerlijk en effectief beleid
Au‑delà du nouveau slogan, l’arrêté royal prévoit également la transposition dans la loi de plusieurs dispositions issues de l’autorégulation. Plus précisément, il s’agit des modalités d’application du message sanitaire et de l’interdiction de la publicité pour l’alcool dans les médias principalement destinés aux mineurs, telles que prévues par le Plan interfédéral alcool 2023‑2025. Pour ces dispositions, le gouvernement fédéral s’appuie sur la Convention, révisée fin 2024 à l’initiative du secteur.
Dans la mise en œuvre de l’arrêté royal, les brasseurs belges identifient quatre points d’attention majeurs :
- L’arrêté royal impose que le message sanitaire figure dans la ou les langues de la région où la publicité est diffusée. Cette contrainte empêche, dans la pratique, la diffusion d’une même campagne, notamment sur les réseaux sociaux, tant en Belgique qu’à l’étranger. Un spot en anglais devrait ainsi être accompagné d’une annonce en néerlandais en Flandre, en français en Wallonie, en allemand en Communauté germanophone, et en néerlandais ainsi qu’en français à Bruxelles.
- L’arrêté royal crée par ailleurs une inégalité de concurrence entre les brasseurs belges et les acteurs internationaux. Sur les réseaux sociaux, les marques belges seraient soumises à des règles strictes, tandis que des marques étrangères, visant pourtant le même public, pourraient s’en affranchir.
- L’arrêté royal contient un certain nombre de dispositions qui élargissent le champ d’application de ce qui est considéré comme de la publicité. Les règles relatives, par exemple, au placement de produits – qu’il intervienne ou non dans un programme à caractère informatif – manquent de clarté, ce qui met en péril tant l’applicabilité des mesures que la sécurité juridique.
- Enfin, l’arrêté royal neutralise l’autorégulation, qui permet pourtant au secteur de réagir rapidement et efficacement aux évolutions sociétales.
Krishan Maudgal: “Nos décideurs politiques et notre secteur partagent la même ambition : lutter contre l’abus d’alcool et protéger les jeunes. Le ministre de la Santé publique ne partage toutefois pas pleinement notre approche pour concrétiser cet objectif. Nous croyons en la force d’un cadre clair, équilibré et efficace. L’arrêté royal devra encore être ajusté sur plusieurs points pour que cela devienne une réalité. ”
Un partenaire fiable dans la lutte contre les abus : hier, aujourd’hui et demain
Les brasseurs belges se sont toujours positionnés comme un partenaire constructif dans la lutte contre l’abus d’alcool. Ils s’engagent activement pour y faire face, notamment à travers l’initiative BOB, la plateforme BE RESPONSIBLE, ainsi que le développement constant d’une offre de bières sans alcool et à faible teneur en alcool.
« Et nous continuerons à renforcer ces initiatives, » conclut Krishan Maudgal. « Nous poursuivrons notre engagement contre l’abus d’alcool. Que les choses soient claires : c’est bien l’abus d’alcool qui doit rester au cœur de l’attention. »